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Star Wars versus Le Seigneur des Anneaux : Les bases du roman épique

Dans ces œuvres, les traits de similitudes communs sont troublants.
Bien que des différences subsistent, tous deux respectent les bases du roman épique.

Le grand roman épique se base toujours sur le combat éternel du bien contre le mal.

1. Le héros.

Il se doit d’être jeune et beau. Certes, on peut toujours relativiser de la beauté de Mark Hammil et sa coupe de cheveux casque intégral mais dans les années 70, il était considéré comme beau. Quant à Aragorn, il suffit d’entendre les soupirs dans les salles de cinéma pour comprendre qu’il plaît. Mais comme le héros doit voir son destin bouleversé, il doit être en proie au doute. Pour Skywalker, c’est sa jeunesse qui le rend impulsif et immature risquant à tout moment de basculer vers le côté obscur de la force. Pour Aragorn, c’est d’assumer son rôle d’héritier du Gondor. Quand le héros a tout vu, tout fait, ben ça s’appelle Rambo, le héros qui n’évolue pas et on s’emmerde.

2. Le grand frère.

C’est le type plus vieux qui encadre gentiment mais de manière très légère. C’est en général le mauvais garçon au grand cœur. Son existence ne se justifie que pour montrer à quel point le héros est parfait. Le grand frère est souvent un pirate, un alcoolique, un drogué, un zoophile, bref, il a un problème. Quand le héros soigne des victimes, lui, il leur pique leur portefeuille. Quand le héros a un regard de compassion envers son ennemi, lui, il recharge son blaster. Dans Star Wars, Han Solo n’était qu’un contrebandier égoïste, dans Le Seigneur des Anneaux Boromir cède à la tentation de voler l’anneau. Si Solo s’en sort mieux que Boromir (un petit passage au congélateur mais présent jusqu’à la fin), Boromir paie sa faute en expiant de manière violente. Le thème de la rédemption offre souvent une issue incertaine pour le contrevenant.

3. Le vieux qui sait.

On ne passera jamais à côté de ce personnage. C’est un père de substitution pour le héros. Il sait tout, fait tout, corrige les erreurs du héros, lui apprend des trucs (en général pendant ce genre de scènes, le héros fait des gros yeux de mérous tant il est étonné qu’un vieux serve à quelque chose) et passe un coup de balai à la fin. Mais voilà, à la longue, le héros ne peut rien faire et ça complique pour prouver sa valeur.
Dans SDA, évidemment, c’est Gandalf qui tient une pêche incroyable et qui pourrait mettre une avoine à un régiment de Legolas en fureur. Magie, épée, bâton, stratégie, le vieux fait tout. Heureusement qu’Aragorn a eu le bon goût de l’envoyer se perdre dans le Rohan sinon, le vieux gagnait aussi la bataille du gouffre de Helm.
Dans Star Wars, on a tendance à malmener les anciens. Dès que Ben Kenobi la ramène trop, on lui colle Vador aux fesses et on le tue. Alors un problème se posa. Kenobi est mort, Luke est trop jeune pour s’émanciper, il faut trouver une solution. Dans SDA, Gandalf n’est pas mort, il est tombé dans un trou, ça permettait de le faire revenir quand on voulait (le temps qu’il remonte à la surface avec une corde tissée à partir de poils de barbe). Alors pour le pauvre Luke, il lui fallait un vieux qui sait. C’est alors que Jim Henson, le créateur du Muppet Show, jeta une marionnette qui lui semblait trop nase. Ainsi naquit Yoda, la marionnette sosie de Jeanne Calmant. Encore plus vieux que Kenobi donc encore plus sage, c’est en gros le Menu Maxi Best Of du vieillard avec des vrais morceaux de sagesse universelle dedans.
L’aspect irritant du vieux sage, c’est qu’il ne peut s’empêcher de parler par énigme mais c’est une autre histoire. Il est important de noter qu’on déteste les vieux chez Star Wars parce que Yoda meurt aussi.

4. La bande de nases.

Comme le héros est soumis à une tragédie, il manque singulièrement d’humour (il est peut-être drôle dans d’autres circonstances mais c’est pas précisé). Il lui faut donc des compagnons ridicules, marrants dès le premier regard. Quoi de plus désopilant que les gros yeux globuleux de Frodon dans le Seigneur des Anneaux ? On dirait qu’on l’étrangle et que les yeux lui sortent de la tête.
Les nases sont souvent petits pour démontrer une certaine inaptitude au combat et résolvent les énigmes les plus tordues par hasard. Utiles au moment crucial mais gonflant tout le reste du temps, on est donc obligé de les supporter en espérant inconsciemment qu’ils vont mourir dans d’atroces souffrances. Qui peut se vanter de comprendre les vannes de D2 R2 ?

5. Les nounours.

Le roman épique est un conte de fées, et dans tous les contes de fées, on croise des gentils lapins qui parlent de leur jolie fourrure et qui donnent aux héros la baguette magique qui détruit la méchante sorcière. Évidemment, les ewoks sont exactement cela.
En général, il ne leur arrive pas grand chose de mal et ils sont souvent extérieurs au conflit mais très utiles (encore qu’on voit des ewoks mourir).
Dans le Seigneur des Anneaux, la bande de nases et les nounours sont de la même espèce mais se séparent en deux groupes distincts. Sam et Frodon d’un côté et Merry et Pipin de l’autre. De par cette confusion, il est difficile de discerner la bande de nases des nounours puisque chacun a sa part de nounourseries et de naserie (oui, je sais, j’ai le droit d’inventer des mots !). Il faut pourtant admettre que leur rôle est plus important que sur Star Wars.

6. La gonzesse.

Sauver le monde semble être une affaire d’hommes et les seules femmes tolérées sont des princesses. Leia est une princesse et elle aurait pu se séparer de Luke et Solo mais voilà, elle décide de faire de l’incruste en draguant Solo et comme ça ne suffisait pas, elle est la sœur de Luke ! C’est bon, elle a gagné sa place. Dans le Seigneur des Anneaux, c’est plus complexe. Aragorn drague une elfette qui ne semble pas vraiment s’intégrer à l’histoire. La seule autre femme c’est la fille du Roi du Rohan, une princesse donc, passeport approuvé !

7. Le truc bizarre.

Comment faire une grande histoire sans les bizarres créatures d’un monde fantastique ?
Chez Star Wars, ils ont opté pour le modèle barbare à la pilosité déréglée. Chewbacca, celui qui grogne en boucle, qui fait rire les enfants parce qu’il peut faire nounours des fois mais nounours qui se transforme vite en grizzly si on lui fait une remarque sur son poncho provenant du secours catholique péruvien.
Dans SDA, c’est plus compliqué, car il y en a deux. Le côté tordu et méchant avec Gollum, très exotique, équipier douteux mais utile jusqu’à ce que… Et il y a aussi le nounours costaud mais plus petit en la personne de Gimli, le nain qui balance des vannes aussi lourdes que sa hache.

8. Les différences notables.

Outre le contexte historique et géographique des deux sagas, il subsiste des différences importantes. Star Wars est davantage axé sur la famille que SDA même s’ils n’aiment pas les vieux car la saga est presque une histoire de famille, c’est sans doute le côté Dallas qui veut ça. On ne retrouve pas cet aspect dans SDA alors que ce sont des histoires entre rois. On ne verra donc jamais cette scène :

Sauron : Gandalf t’a bien formé !
Aragorn : Tu vas mourir, Démon !
Sauron : Alors, tu ne sais pas… Aragorn ! <souffle asmathique> Je suis ton père !
Aragorn : Noooooooon !!!!