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Chpang, tu deviendras une mite ! 2

Il est amoureux euh ! Il est amoureux euh !
Au-delà de la tradition romantique existent des destins peu communs
mais dont la seule évocation vous brûle de l’intérieur.
Mais ce n’est pas le cas de Chpang.

Chpang était devenu un orc fort et beau selon les critères de sa race. Cela impliquait que son visage ressemblait vaguement à une méduse et que son corps était formé au combat et aux labours. Il était donc temps qu’il se trouve une compagne, une orcounette aux seins lourds et au visage avenant, toujours selon les critères orcs. Cela voulait dire que sa dulcinée ne devait pas être plus poilue que lui, qu’elle devait être aussi légère qu’un cheval de trait et roter moins fort que lui. Sur ce dernier critère le choix était vaste car notre ami Chpang avait réussi l’année précédente à réciter une chanson paillarde d’un seul souffle gastrique. Mais les orcs ne sont pas des êtres de réflexion et Chpang avait compris qu’il lui fallait un plan sans accroc pour séduire sa belle. Il ne restait qu’une seule chose à faire, demander conseil à un humain. Il s’en alla chercher conseil auprès de Fonzie Mandragore, l’humain le plus au fait de la séduction, son seul ami. Il frappa délicatement à la porte de son vieux camarade en pleine nuit, à l’abri des regards indiscrets en faisant le moins de bruit possible.

Fonzie Mandragore : Ah, c’est pas vrai ! Quel est le con qui a défoncé ma porte ?
Chpang : C’est moi !
Fonzie Mandragore : Évidemment, si je ne veux pas savoir, pourquoi je pose la question…
Chpang : J’ai un service à te demander.
Fonzie Mandragore : Je veux bien t’aider à apprendre comment ouvrir une porte.
Chpang : Elle est ouverte là, c’est bon.
Fonzie Mandragore : Non, elle n’est pas ouverte !
Chpang : Mais, regarde, je rentre comme je veux.
Fonzie Mandragore : Quand on ouvre une porte, elle doit rester sur un axe vertical. Le simple fait qu’elle soit sur un axe horizontal montre qu’elle n’est pas ouverte.
Chpang : Pourtant, je suis entré…
Fonzie Mandragore : Quand tu as les pieds sur la porte, c’est pas bon.
Chpang : Vous êtes compliqués, vous les humains. L’essentiel est de rentrer.
Fonzie Mandragore : Bon, laisse tomber, c’est quoi ce service ?

Chpang posa ses mains sur sa ceinture et inspira profondément éteignant ainsi les bougies. Cette inspiration donna un malaise à Fonzie qui manquait d’oxygène.

Fonzie Mandragore : C’est non !
Chpang : Mais je n’ai encore rien dit !
Fonzie Mandragore : Je sais mais quand tu prends cette posture, c’est pour me demander un truc impossible. Alors je te dis que c’est impossible, je t’explique pourquoi pendant que tu me saisis par les pieds et ensuite, tu casses mon mobilier avec ma propre tête, donc c’est non.
Chpang : Mais euh !
Fonzie Mandragore : En plus, ça me revient très cher ton amitié.

À la surprise de Fonzie, Chpang jeta une bourse pleine d’or sur la table. Les doigts crochus de l’humain ne pouvaient résister plus longtemps.

Fonzie Mandragore : Bon, je veux bien t’aider sauf s’il s’agit de faire que les nuages obéissent à ta volonté comme la dernière fois.
Chpang : Voilà, c’est très délicat à dire mais… Il est temps pour moi de créer ma descendance et…

Chpang sortit un parchemin placé sous ses aisselles.

Chpang : Tiens, regarde ça !
Fonzie Mandragore : J’attends que les radiations se dissipent et… Bon, ok, je regarde.

L’humain regarda attentivement le dessin sur le parchemin.

Fonzie Mandragore : Ma foi, je me demande en quoi ta descendance à un rapport avec un cul de poulpe.
Chpang : C’est le portrait de Chpif, l’orcounette dont je suis amoureux…
Fonzie Mandragore : Ah, ben oui, évidemment, je me demandais pourquoi ce cul de poulpe avait deux anus, ce sont les trous pour les yeux, c’est ça ? Peut-être les narines finalement…
Chpang : Tu la trouves pas belle ?
Fonzie Mandragore : Houlà, si, je regrette de m’être marié si tôt… Tu comptes vraiment faire des enfants avec cette euh…
Chpang : Oui.
Fonzie Mandragore : Tu sais comment on fait des enfants n’est-ce pas ?
Chpang : Oui, nous les orcs, en hiver, nous nous serrons les uns contre les autres et parfois, il arrive que…
Fonzie Mandragore : Pas de détails, s’il te plaît, je n’ai pas achevé ma digestion. Attends l’hiver et montre-lui ton désir.
Chpang : J’ai essayé mais on ne choisit pas toujours sa place et j’étais avec sa mère la dernière fois.
Fonzie Mandragore : Évidemment, en plus, y’a une mère… La même chose en vieux j’imagine. Si seulement, je pouvais la recruter pour une heure dans mon champ de maïs, elle traumatiserait les corbeaux à vie et plus besoin d’épouvantails et… Je m’égare. Tu es donc amoureux de cette cho… enfin de Chpif.
Chpang : Bon, voilà, je veux que tu trouves un stratagème pour la forcer à m’aimer.
Fonzie Mandragore : Tu es sûr ? Parce que là, faut vraiment avoir faim pour… D’un autre côté, elle ne doit pas être très sollicitée…
Chpang : Un phacochère a tenté sa chance la semaine dernière…
Fonzie Mandragore : Il faut retrouver le fou qui drogue les animaux, c’est plus tenable. Tu pourrais commencer par lui parler non ?
Chpang : Non, je crois qu’elle m’en veut d’avoir gagné le concours de crachats de l’année dernière.
Fonzie Mandragore : Je dis rien mais si tu trouvais celui qui drogue les phacochères… Il pourrait sans doute confectionner un filtre d’amour. Euh, ne me regarde pas comme ça, j’ai encore mal à la tête tu sais et les meubles sont en location…

À cet instant, une petite fille tira la liquette de l’orc.

Petite Fille : Monsieur le gros vert, on ne force pas quelqu’un à vous aimer.
Chpang : Qu’est-ce que t’y connais toi ?
Petite Fille : Plus que toi hi, hi, hi.
Chpang : Arg ! Non, ne ris pas, c’est un bruit qui me vrille les oreilles !
Petite Fille : Il faut observer ta chérie et deviner tout ce qu’elle voudrait. Si ton cœur est sincère, tu sauras trouver.
Fonzie Mandragore : Mouhahahahaha ! Si tu savais comment j’ai séduit ta mère. T’imagines pas ce qu’un vieux sans le sou est prêt à vendre pour une bouteille de vin de mauvaise qualité et…
Chpang : Tu as raison, petite, je trouverais, tu es très intelligente, tu ne ressembles pas à ton père.
Petite Fille : Si, je ressemble beaucoup à mon père, je te le présenterais un jour.
Chpang : Bon, je vais essayer çà et je reviendrais pour te tenir au courant. Remercie ta fille, elle vient de te sauver la vie.

Fonzie était déjà affairé ailleurs en cherchant l’identité du père naturel de sa fille. Pendant ce temps, Chpang songea que sa bien-aimée aimait les bains de vase et se dit qu’il tenait peut-être un concept.

À suivre…