
Comment duper un Dieu
- 1/4 -Echo Tous mes os tremblent encore sous limpact de ce faisceau lumineux rouge que ce nabot encapuchonné ma lancé. Il ne sest pas battu en guerrier, il a triché. Cet idiot na pas jugé utile de vérifier si jétais mort, je vais mimer encore pendant quelques secondes le trépas et après, je lui ferais une grosse surprise. Pendant une seconde, je ne pense quà tuer ce moine et à ne pas bouger mais à ma première inspiration discrète, je sens quelque chose détrange. Les odeurs ont changé, je ne perçois plus la senteur de la pierre froide mélangée à lencens du temple de Thorgun mais plutôt les odeurs de la forêt, ma forêt. Les arbres qui dissimulaient aux humains le camp orc.
Rapidement, je retrouve toutes sensations oubliées. À tout moment je mattendais à voir surgir mes orcs. Et puis un peu de temps passa et je constatais quelques anomalies dans cette forêt. Leau coule à lenvers ici, parfois les contours de la cime des arbres sont floues et semblent danser. Il fait froid aussi malgré labsence de vent et les bruits de la nature sont absents. Le seul bruit que jentends est un bruissement de feuilles derrière moi. Je ne suis pas seul. Quelquun se cache dans un de ces buissons. Je ne parviens à sentir son odeur mais il semble être de petite taille. Ce nest sans doute quun petit animal de peu dimportance. Pendant mon jeune âge, je capturais souvent des lapins ou des furets avides des fruits de ces buissons. Ces fruits sont mortels pour un humain mais ces petites bêtes sen accommodent très bien. Après tout, cet endroit est étrange et si un ennemi se cachait dans ces feuilles ? Rapidement, je donne un grand coup de hache dans le buisson pour voir ma proie. Le résultat est surprenant, lêtre caché nétait en fait quun gobelin. Je naimais ces petites carcasses couineuses. Ils sont vils, grotesques et ils puent en plus de produire des sons désagréables. Ce sont des combattants négligeables et la lâcheté est une seconde nature pour eux. Ils sont juste gênants et nont pas leur place au combat. Il ny a jamais eu de gobelin prés de la forteresse de Shinka. Sil y en avait eu, les orcs les auraient rapidement exterminés. De plus, je nai jamais vu un gobelin comme celui-ci. Il est plus jaune que ses frères et porte une barbe. Je navais jamais vu un signe de pilosité chez un gobelin. Cette race est encore plus hideuse ainsi. Le dégoût fut si grand pour cette créature que jeus lenvie de la tuer pour quelle nexiste plus, puis je parvins à lire dans son regard quil ne me craignait pas et cela mintrigua beaucoup. Et puis Il parle.
« Ainsi voilà le guerrier qui refuse dobéir à son dieu vénéré.
- Tu parles ?
- Tu crois ?
- Les gobelins ne parlent pas.
- Peut être parce que je ne suis pas un gobelin.
- Que serais-tu dautre ?
- Je suis un serviteur de Thorgun.
- Un gobelin qui sert Thorgun ? Cest ridicule.
- Je ne suis pas un gobelin.
- Mes yeux voient que tu en es un.
- Je suis une projection mentale.
- Bien sûr.
- Jai pris lapparence de ce que tattendais à voir. Cest toi qui as voulu que je sois un gobelin.
- Cest ridicule.
- Nous sommes sur le plan astral souviens-ten.
- Tu es fou.
- Oui, tu parles à un gobelin et cest moi qui suis fou.
- Assez, tu me fais perdre mon temps.
- Bien, je vais te receler le but de ma présence.
- Non, ça me mintéresse pas, je dois retourner sur RedSun pour châtier ce moine.
- Tu ne peux pas.
- Pourquoi ?
- Le plan astral, tu es toujours au temple de Thorgun, mais ton esprit est ici.
- Quen sais-tu ?
- Le moine qui ta frappé Cétait moi.
- Tu mens.
- Non, je sers Thorgun, il ma chargé de te conduire ici afin dy être châtié. Jai pris lapparence du prêtre et tai frappé pour emmener ton esprit avec moi.
- Tu veux dire que je suis mort ?
- Non, ton corps vit encore.
- Rends-moi mon corps, vil gobelin.
- Je ne suis pas un gobelin et ton corps est protégé par un cristal inaltérable dans le temple. Tu pourras ainsi recevoir beaucoup de visites et les récalcitrants comprendront que terrible est la colère de notre dieu.
- Sale ! Je vais te tuer !
- Tu ne peux pas.
-
- Combien de fois vais-je devoir te le dire ? Nous sommes sur le plan astral et tu ne peux user de ta hache contre moi pour une raison bien simple : Ta hache nexiste pas, cest une vue de lesprit.
- Tu veux vérifier ?
- Tu considères que ton arme fait partie de toi alors elle fait partie de la représentation mentale que tu as de toi-même.
- Et la forêt ?
- Cest aussi une partie de ton esprit. Ce lieu est important pour toi. Mais tu as remarqué que cette forêt nobéit pas aux règles de la nature.
- Alors jimagine que si jai voulu que tu sois un gobelin, cest que tu es laid et vil.
- Cest ainsi que tu me vois, mais je ne fais que mon devoir et mon devoir et de te convaincre, de te châtier et de te tuer si tu persistes dans tes erreurs.
- Toi, me tuer ?
- Nous sommes sur le plan astral, cest une autre réalité, avec dautres règles. Ici tu nes rien. »Je suis Odric, un héros pour certains, un fou assassin pour dautres. Les deux sont vrais, je crois. Aujourdhui, je pense que mes derniers moments dans ce monde sont arrivés. Je ne crains pas ce moment ultime, cest mon code dhonneur qui me dicte ma conduite. Dhabitude, juse de ma hache pour régler mes problèmes, mais cette fois, je ne peux pas. Je suis enfermé dans un cristal magique et mon corps est inerte, seul lesprit est là et il ne combat aussi aisément que mon bras. Des démons sont venus méprouver et je peux ne pas en sortir vivant.
Ce petit monstre avait raison, je ne connaissais rien au monde des esprits. Le gobelin était un être intelligent et plus il avançait dans la discussion, plus je saisissais la distance qui nous séparait. Cet être était un pur esprit, un démon qui me ment, qui cherche à me manipuler et dont je dois me méfier même si je suis à peu près sûr quil parviendra ses fins avec un esprit aussi rigide que le mien. Je ne suis pas un homme de réflexion, laction prime toujours dans mes choix. Plus que jamais, je dois avant tout me méfier de moi-même car je sais quil exploitera toutes les faiblesses de mon caractère. Je ne me connais pas assez bien et jai sans doute déjà perdu. Mais quoi quil advienne, je dois me tenir prêt, observer rapidement et avec justesse ce qui se passe pour pouvoir men servir. Les lois de ce monde sont différentes et je ne dois pas me laisser berner par les illusions. Tout nest quillusion ici. Il nest pas réel. Sa façon de marcher mobsède. Normalement, je pourrais le semer facilement tant mes enjambées sont grandes par rapport aux siennes mais i ne marche pas, il avance sans bouger les jambes comme une espèce de serpent. Oui, il nest pas réel.
« Bien, tu commences à réaliser dans quelle situation tu te trouves. Sais-tu pourquoi ?
- Les guetteurs de Thorgun.
- En partie, fait un effort.
- WildFist.
- Tu y es presque.
- Rage.
- Félicitations. Thorgun tavait demandé de relâché Rage mais tu as préféré désobéir.
- Pourquoi Thorgun a tant besoin de lâme dun furieux de Briim ?
- Je nai pas à te le dire mais je vais faire un effort. Dabord il faut que tu saches que Thorgun taime beaucoup. Tu es un vrai guerrier, il aime ta bravoure et veut te sauver.
- Pour qui me prends-tu ?
- Pardon ?
- Thorgun est le dieu de la guerre, pas le dieu de lamour. Il est dur est fort et na que faire de sauver un simple guerrier. Il sait que jaccepte mon destin.
- Je vois, tu es moins idiot que tu en as lair. Néanmoins ton âme doit être sauvée.
- Tu ne ressembles pas à un sauveur.
- Tu ne ressembles pas à un possédé mais tu en es un pourtant.
- Jai toujours été maître de mes choix.
- Cest bien que tu le croies mais cest faux, tu as toujours suivi la volonté de Rage. Il te contrôle depuis toujours.
- Cest faux. Rage nintervient uniquement quand je le souhaite.
- Tu croies que cest toi qui a choisi ta vie mais tu te trompes. Cela fait tellement longtemps que tu vis avec le démon que tu es incapable de faire la différence. Tu viens des terres du Nord, tu vivais près du territoire des furieux de Briim et Rage a pris possession de toi quand tu était encore un enfant car lesprit dun enfant est plus facile à corrompre que celui dun adulte.
- Quelle importance que le furieux soit là depuis longtemps ou non ?
- Il a conditionné tes choix.
- Cest ridicule.
- Bien, je vais te montrer. »