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La Saga d’Odric le Berserker - Chapitre 5

La bataille d’IronCloud
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La peur déforme les perceptions. Quand on voit des milliers d’hommes se diriger vers vos fortifications, on imagine qu’ils veulent tous tuer la même personne. Celui qui vit la peur voit une armée contre lui seul. C’est sans doute la raison pour laquelle on renforce le groupe et on diminue la valeur d’un individu au combat. Ainsi on évite la peur mais il faut être formé à cela et les habitants d’IronCloud ne le sont pas. La plupart des volontaires sont déjà morts dans leur tête, ils ont abandonné l’idée de vaincre et de vivre. La bataille pour IronCloud avait commencé ainsi.

La marée noire se serra autour des murs, elle semblait vouloir étrangler la pierre. Des grappins, des cordes, des échelles surgirent de nulle part. Cette première vague était expérimentée. Il ne fallut pas beaucoup de temps pour apercevoir les premiers casques ennemis au sommet de nos murs.

Les premiers instants furent dramatiques pour nous. Les habitants qui avaient insistés pour se retrouver à la défense des remparts furent massacrés. Les mages les secondaient mais d’où nous étions, nous entendions les complaintes et les cris de pitié de ces gens qui ne trouvèrent comme seule réponse une mort rapide.

La surprise passée, les magiciens s’affairaient à repousser les assaillants. Toutes les murailles de la ville crépitaient des énergies magiques déployées. Le feu, la glace, la foudre balayaient sans cesse nos murs et l’ennemi commençait à reculer. Lord de Nuit fit chanter la corde de son arc et ses compagnons le suivirent dans cet effort. Il est impossible de discipliner cet homme épris de liberté, il n’en fait qu’à sa guise et ses compagnons l’appuient sans cesse dans ses choix.

Pendant ce temps, Sobert le Bon déversait sur les BloodSkull toute sa puissance guidée par son esprit pervers, tout en déclamant des vers à la gloire du Mecquetrex. Malgré sa magie nécromantique, Sobert oublia qu’il était au combat et pas dans un abattoir. À trop s’exposer, on devient une cible. L’insolence n’a pas sa place à la guerre car elle ne paie pas. Ainsi, ce fou reçut une volée de flèches. D’abord surpris par cet événement, il refusa d’y croire puis en voyant son sang, il bascula du mauvais côté de la muraille et tomba derrière nos murs. Personne ne le vit mourir mais nous ne nous faisions guère d’illusions. Cet homme aurait pu mieux servir cette cause si son orgueil et son fanatisme ne l’avaient poussé à commettre une faute aussi grossière.

Aesandilas combattait vaillamment aux côtés d’un vieux magicien qui s’appelait Durnik le Sage. C’était un vieil homme ronchon qui passait la moitié de son temps à aider son prochain et l’autre moitié à pester contre les voleurs et autres bandits. Aesandilas appréciait beaucoup cet érudit mais aussi savant soi-il, c’était sa première bataille comme beaucoup ici. Malgré cela, je dois reconnaître que ces hommes en robe me surprenaient. Je les connaissais arrogants, prétentieux et vains, j’en découvre certains braves, courageux, fiers, combatifs.

Oui, je reconnais que si l’on excepte leurs tenues inadéquates, quelques-uns uns mériteraient d’être des guerriers. Ma G’eldriia et le petit Krak remplissaient leur rôle avec la bravoure que j’espérais. Le sang des innocents coulait sur nos murs, il se mêla à celui des BloodSkull. L’odeur du sang était très forte, elle laissait un goût de métal dans la bouche de ceux qui la respiraient. Nous les guerriers brûlions de ne pouvoir participer à cette première passe d’armes. Nous étions retranchés derrière la seule porte de la ville et nous contemplions le désastre de cet assaut. Riseheart commençait à perdre patience. Il serrait de plus en plus fort, le manche de sa hallebarde et semblait prit de démangeaisons.

« Par Thorgun, Muldan laisse-nous défendre ces remparts !
- Non, pas encore, le combat sera long, il nous faut attendre.
- Regarde les choses en face, nous devons combattre ! Si cela continue, il n’y aura plus rien à défendre.
- La vraie bataille na pas encore commencé, je te promets que ce soir, tu seras saturé par les combats à venir.
- Maudite stratégie, moyens de lâches !
- Vu le nombre, nous n’avons pas le choix, mon ami, l’ennemi est venu en nombre et nous devons nous battre comme des chiens et pas comme des chevaliers.
 »

Sullivan supportait mal certains d’entre nous.

« Le roi est devenu fou, Muldan. Confier les murs à des fervents du Mecquetrex !
- À qui d’autre, Sullivan ?
- Pactiser avec les démons est une infamie, rien de bon ne peut en sortir.
- Sigwald et Belladonne préfèrent nous avoir comme ennemis plutôt que les BloodSkull.
- Certes, il y a toutefois un bon côté à cette situation.
- Lequel ?
- Sobert est tombé et sans doute que d’autres fervents tomberont.
- En effet, j’espère que beaucoup tomberont mais qu’ils tombent le plus tard possible si leurs présences peuvent sauver des vies.
 »

Les magiciens avaient repris l’avantage sur la horde ennemie, les complaintes changèrent de camp. Les BloodSkull tombaient, ce bataillon tombait et personne ne vint à leur secours, le gros des armées de WildFist observait la scène sans intervenir. Le général ennemi voulait seulement évaluer le potentiel défensif de la ville. Peu importe le nombre de morts, WildFist voulait savoir, il savait à présent. Il avait sans doute deviné quelle était notre stratégie défensive. Il prit donc les décisions qui s’imposaient. Avant la vague suivante, les Skunk entreprirent de descendre des remparts pour piler les cadavres. Ils furent immédiatement abattus par les archers.

Chez les BloodSkull on ne touche pas un mort, cela porte offense aux vivants. Leurs croyances sont dures, un mort est un lâche, un faible et on n’a aucune considération pour lui. Peu de BloodSkull accepteraient de poser la main sur un cadavre de peur de récupérer la faiblesse du mort. Parfois des prêtres exposent les corps pour humilier certaines familles. Aux yeux de ce peuple, personne ne doit toucher la honte, même pas un ennemi. Je n’ai pas souvenance que quiconque se soit plaint du décès des membres de ce clan de voleurs assassins. Le roi n’aurait jamais dû les mander.

Avant de lancer le gros de ses troupes, WildFist ordonna les archers. Nous affaiblir un peu plus avant le second et dernier assaut n’a pas de prix. Les traits noirs envahirent le ciel et plantèrent leur dard au cœur de notre ville. Combien tombèrent ? Un petit nombre, mais beaucoup furent blessés contraignant ainsi les prêtres à user de leurs réserves magiques pour soigner nos alliés. La pluie noire cessa et les tambours entamèrent un nouvel appel de la faux. Cette fois, WildFist allait lâcher tout le potentiel offensif de ses armées sur nous.

Parmi les bannières ennemies, nous reconnûmes les fanatiques de Thorgun, les fous GoldSkull, toute l’élite des armées de ce peuple de fous qui avaient fait trembler nombre de royaume et qui avait fait d’une province inhospitalière un empire riche et puissant. Il n’y avait aucun doute sur la nature de l’assaut, les béliers et les flèches enflammées nous confirmaient dans l’idée que cet assaut serait le seul et que WildFist lancerait cette fois toutes ses forces dans la bataille.

WildFist fit un geste et les hurlements de guerre de ses hommes couvrirent les sinistres tambours. Des petits coups résonnèrent aux portes, les flèches de feu frappaient. Malgré les énergies magiques qui redoublaient de puissance pour défendre nos murs, nous entendions le martèlement sourd des béliers sur le bois, l’ultime rempart avant la furie des guerriers. Nous trépignions tous à l’idée de combattre et les vibrations des coups sur les portes stimulaient notre ardeur. Parmi nous, un homme avança vers la porte avec une hache de bûcheron, il s’appelait Horiuk et son métier consistait à abattre des arbres.

« Par Thorgun, ce combat est des plus appétissants, je ne veux rien en perdre. »

Sullivan lui signifia les dangers de la première ligne.

« Rentre dans le rang, pauvre fou, tu es un bûcheron, pas un guerrier, les hommes sont plus difficiles à abattre que les arbres !
- Que tu dis, je vis en pleine forêt, là où les arbres bougent et tuent les orcs. Aucun arbre ne m’a jamais résisté, tous ceux qui ont levé les branches sur moi ont fini dans une cheminée. Mais rassure-toi, je ne brûlerai pas mes victimes cette fois.
- Tu es bien un fou et on ne discute pas avec les fous. Pars rejoindre Riseheart, vous avez beaucoup de points de communs tous les deux.
 »


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